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Jean-Loup VILLEGIE
est responsable scientifique du programme BdN
Directeur du laboratoire de météorologie inapliquée de Lille, ses travaux récents concernent le subséquencement des phenomènes aléatoires atmosphériques.
Travaux publiés : voir $rubrique bibliographie.
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- A quand remonte le "Bruit des Nuages" ?
- Difficile à dire précisément, disons qu'à un moment il s'est avéré logique de monter ce projet. Différentes recherches, dans plusieurs domaines, pouvaient trouver un point de convergence à travers la réalisation de cette expérience, quitte, mais ça on le verra plus tard, à rebondir dans leurs directions respectives. Mais ça ne sera pas sans quelques "brouillages" des perspectives initiales.
- Oui, voilà, quoique néophyte, j'ai compris qu'une certaine "confusion", je ne sais pas si on peut dire comme ça, était soigneusement entretenue, je me trompe?
- Oui, non, pas vraiment. Enfin si, on peut dire comme ça, quoique je soupçonne que vous mettiez dans cette expression un brin d'ironie. Moi je parlerai plutôt du "compliqué". Alors c'est vrai, c'est bien un principe de "compliqué" qui sert de méthodologie expérimentale. A cause d'un résultat présupposé, sans doute, mais aussi découlant d'une appréhension même du phénomène. Axel Brighton parle d'abord des "corrélations troubles" pour décrire ce qu'il nomme les "translations dissonantes" qui définissent ensuite le mode opératoire de sa propre expérience. Nous, en l'occurrence, on a appliqué le principe inverse, ce que la théorie n'invalidait pas.
- Je n'en doute pas. Mais revenons au Bruit: quel retentissement?
- Assourdissant! Non, je plaisante. Comme je l'ai dit précédemment, c'est un aboutissement nécessaire et surtout un point de départ pour d'autres recherches qui seront maintenant pensées différemment. En soit, ce n'est pas très spectaculaire, je vous l'accorde, mais c'est fondamental: il y a du bruit, un bruit de fond, voilà, omniprésent. Même discret, ou confus, si vous voulez.
- Je vous avoue que cela reste pas très clair pour moi, bien que je perçoive que cette confusion, ou plus exactement ce flou qui persiste, fasse partie intégrante du résultat. J'y vois une relation évidente avec le dessin de Preto Roseira que vous avez choisi pour illustrer ce Bruit des Nuages.
- Oui, bien sûr. On avait une idée du résultat, on se doutait de ce qu'on allait entendre, mais on était sûr de rien. Quand je montais l'opération, je suis allé aux Açores pour rencontrer les responsables du Centre Météorologique de Faial. C'est là que j'ai rencontré Preto Roseira. Je ne connaissais pas son travail, ni lui le mien. Alors vous imaginez ma surprise quand il m'a montré ce dessin qu'il avait intitulé "Le bruit des nuages". A priori, c'était un immense gribouillis, des entrelacs nerveux et griffonnés mais finalement assez bien organisé dans le plan. Il a exposé ça depuis.
- Oui, sous un autre nom.
- C'est vrai que vous le connaissez bien. Non, ce qui était étrange, en plus du titre, c'est que ce dessin correspondait à ce qu'on imaginait, il représentait ce qu'on croyait pouvoir entendre. Et cela s'est avéré exact, on pourrait même croire que l'enregistrement qu'on a réalisé à 500 m d'altitude, avec toute cette préparation et cette technologie, n'est que le bruit de sa plume sur le papier. C'est assez troublant.
- Troublant en effet. Et puis tout ce hasard: la rencontre, le titre du tableau, le son lui-même.
- Il n'y a pas de hasard. Déjà l'expérience était une somme d'approches. Preto Roseira a amené la sienne, a priori pas scientifique, mais si juste. Lui aussi travaille depuis longtemps sur le sujet, son résultat est tout aussi logique, un écho de plus.
- D'autres projets?
- Dans l'immédiat, non. Maintenant c'est la partie analyse et décryptage qui commence.
- Là se sera définitivement trop embrouillé pour moi. Bon courage.
- Merci.
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